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Damkunst

Samb - Ba | FR

Auteur: Ronald Schalley
15-03-2025

Pour une interview avec Ndiaga Samb et une sélection de ses parties de 1991 à 1998, je peux recommander sans hésitation Dammen 131/132 de Ton Sijbrands. Pourtant, je souhaite revenir sur cette période, car le Sénégal possédait alors trois atouts majeurs.

Le premier, Bassirou Ba, avait participé quatre fois au célèbre tournoi du Sucre dans les années 1970 (1973-1976). Lors de sa première apparition, il a remporté le groupe B, puis a joué dans le groupe principal les années suivantes, où il a démontré son talent.

Après cela, Ba a disparu des radars pendant un certain temps.

Entre 1980 et 1982, il refait brièvement surface. Il termine brillamment deuxième du prestigieux tournoi de Bamako, certes à bonne distance du vainqueur Ton Sijbrands, mais à égalité avec le Malien Mamina N’Diaye, alors considéré comme le joueur le plus fort du continent africain. Lors du tournoi jubilaire d’IJmuiden en 1980, un scénario similaire se produit : cette fois, il finit à un point de Sijbrands et doit partager la deuxième place avec Jeroen Sterel.

Mais son plus grand succès survient durant l’été de cette même année. À Dakar, il devient le tout premier champion d’Afrique, avec une avance de trois points sur l’Ivoirien Issa Traoré et son compatriote Ameth Diaw. En revanche, son parcours au championnat du monde de Bamako s’avère décevant : en tant que champion d’Afrique, il ne fait pas mieux qu’une place en milieu de classement. Pendant le reste des années 1980, Ba n’apparaît plus en compétition, sauf en 1982, où il décroche une médaille de bronze au championnat d’Afrique.

Ceux qui souhaitent connaître toute son histoire peuvent se référer à son interview dans Dammen 77/78.

Le « vide » des années 1980 est comblé par plusieurs compatriotes, mais Macodou N’Diaye est de loin le plus fort. En 1985, il décroche immédiatement une deuxième place au championnat d’Afrique, avant d’enchaîner avec quatre (!) titres consécutifs. Un nouveau grand joueur africain s’impose, mais cela ne se traduit pas encore au niveau mondial. En 1986, il termine en bas du classement au championnat du monde, et en 1988, affaibli par le paludisme, il doit abandonner la compétition après 10 rondes avec seulement onze points. Son histoire est également documentée dans Dammen, numéro 61.

La première trace numérique de Samb dans Toernooibase remonte aussi aux années 1980. En 1989, il remporte la médaille de bronze au championnat national, où l’échec de N’Diaye est frappant : ce dernier ne fait pas mieux qu’une septième place.

En 1990, nos trois héros sont de retour sur la scène. Samb décroche son premier titre national avec deux points d’avance sur Ba et trois sur N’Diaye. Dès lors, tous trois commencent à se faire un nom à l’étranger. Ba, N’Diaye et Samb deviennent des figures respectées et admirées.

N’Diaye est clairement au sommet de son art et termine à une impressionnante quatrième place au championnat du monde 1990, un exploit qu’il rééditera en 1994. Ba brille également lors de ce championnat du monde 1994 en terminant sixième, trouvant ainsi enfin sa place parmi l’élite mondiale.

Et Samb ? Samb démontre son talent dans les années 1990 en remportant plusieurs tournois prestigieux : Brunssum 1991, Dakar 1991 (devant Schwarzman et Sijbrands !), mais il peine à s’imposer dans les compétitions de titres. Il ne remporte le championnat d’Afrique qu’en 2016 et sa meilleure performance en championnat du monde reste une belle cinquième place en 2005, dans un tournoi extrêmement relevé.

Serait-ce dû à son style de jeu ? On pourrait dire qu’il était un diamant brut qui n’a atteint sa pleine maturité que des décennies plus tard.

Parmi ces trois champions, Bassirou Ba avait peut-être le style le plus posé : il excellait à la fois dans le jeu classique et offensif, et savait punir avec précision la moindre erreur de son adversaire.

Macodou N’Diaye, quant à lui, a rapidement acquis un style plus européen, ce qui le rendait difficile à battre. Cependant, face à des adversaires qu’il voulait absolument vaincre, il adoptait une approche plus agressive que Ba.

Chez Samb, en revanche, le style africain coulait dans ses veines. C’est un peu l’histoire du scorpion et de la grenouille. Lorsque je l’ai interrogé en 2007 après une défaite au temps contre Yuri Lagoda, il m’a confié qu’il avait délibérément évité plusieurs échanges menant à la nulle, car il voulait absolument gagner. Mais en conséquence, il avait consommé trop de temps pour compliquer la tâche de son adversaire. Il lui était difficile de ne pas relever un défi, même en sachant qu’il risquait de sombrer contre les meilleurs grands maîtres. Ba et N’Diaye étaient beaucoup plus pragmatiques et savaient mieux gérer leurs émotions, surtout dans les tournois de titres.

Et leurs confrontations directes ? Samb et N’Diaye avaient une sorte de pacte de non- agression : toutes leurs parties répertoriées dans Turbo Dambase se sont soldées par des nulles insipides, sauf une où N’Diaye a dû lutter pour arracher l’égalité.

Les duels entre Ba et Samb, en revanche, étaient plus disputés. Sur les 31 rencontres enregistrées dans Turbo Dambase, dix ont abouti à une décision : six victoires pour Samb, quatre pour Ba. Une de leurs confrontations marquantes remonte à 1998, lors du tournoi de La Haye, où Samb s’est imposé dans une partie classique, un domaine pourtant considéré comme l’un des points forts de Ba.

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Ndiaga Samb - Bassirou Ba (19-07-1998)

Cette position classique en 11x11 est déjà apparue une fois sur le damier, notamment dans la partie Helmond-Van Velzen lors du tournoi junior de Culemborg en 1993, mais avec les couleurs inversées. Bien que les programmes d’analyse veuillent nous faire croire que les positions sont parfaitement équivalentes, c’est surtout noir qui se retrouve avec quelques caractéristiques positionnelles problématiques : le pion arriéré sur la case 15 et, si blanc parvient à réduire la position à une structure en 10x10 grâce à l’échange 34-29x39, un léger avantage de développement. Cela signifie que la position n’est peut-être pas perdante, mais qu’elle est sans doute un peu moins égale pour noir que pour blanc (George Orwell). 38....17-21!Noir avait aussi pu envisager 38...23-29?!39.34x2318x29après quoi blanc, s'il a encore des ambitions de gain, doit faire un choix important : A)40.27-22?Sur cela, noir peut combiner avec 19-23!41.30x812x342.28x1017x50=B)40.44-39?17-21!
Et blanc se retrouve soudainement en difficulté et doit maintenant jouer avec une grande précision pour obtenir la nulle. Ceux qui veulent en savoir plus sur cette position doivent consulter la partie Desmet-Schalley E., LIM-damdag 2021 dans Toernooibase, en particulier les commentaires qui y sont attachés.
C)40.44-40!Tout comme la variante précédente, j’ai examiné cette position, qui ne s’est encore jamais produite en pratique, dans le cadre de la position de Barteling, où elle représente l’une des déviations possibles. C’est maintenant à noir de faire preuve de la précision nécessaire pour obtenir la nulle : 13-18!
Cette position est apparue dans les parties Van de Weteringh - Van den Hoek en 2005 et Spaans - Leimena en 2011. Seulement comme ça ! Les options incorrectes sont : 40...17-21??41.28-23!19x3942.30x1721x1243.40-3429x4044.35x33et 40...15-20?41.27-21!16x2742.32x2113-1843.28-2319x3944.30x1041.28-23!19x3942.30x1015x443.37-31!Dans les deux parties, le jeu s’est toutefois poursuivi avec 43.40-34?et pas beaucoup plus tard, une remise. 26x2844.40-3429x4045.35x13
45....17-2146.38-3221-26
Avec noir au trait, cette position serait perdante. Mais c'est à blanc de jouer, ce qui place le pion 25 dans une trajectoire vulnérable. 47.25-2016-2148.27x1612-18*Sur 48...26-31?, le gain suivant splendide est possible : 49.32-27!31x2250.16-1122-2751.11-627-3252.6-112-1753.1-2932-3754.29-4717-2255.13-822-2856.8-328-3357.47x24!37-41
58.20-14!!41-46*59.24-19!!4-960.3-8!9x2061.19-5!
49.13x2226-31Sur le damier se trouve une fin de partie qui est certes très prometteuse, mais la base de données indique qu'avec un jeu précis de noir, elle ne peut plus être gagnée. Un moment délicat est par exemple cette position, où le coup 4-10! constitue un sérieux obstacle. Il existe donc deux plans de jeu pour blanc : l'un avec le pion sur la case 15 et l'autre où blanc laisse ce pion en suspens.
Ce final complet peut être retrouvé dans Hoofdlijn 228 (p.5 à partir du diagramme 43). Je me contenterai ici d’une seule variante succincte :
50.20-1531-3651.16-1136-4152.11-741-4653.32-2746-1954.7-219-35!55.22-184-9!56.27-219-14!
39.34-29!23x3440.30x39...
Outre la partie mentionnée ci-dessus, cette position est également apparue en 1947 dans la partie Krikke-Van Daalhuizen, de nouveau avec les couleurs inversées. Dans les trois parties, les joueurs de Noir ont poursuivi avec 40....12-17?!Une nouvelle fois, on peut débattre si c'était vraiment la continuation la plus judicieuse. Pour ceux qui aiment la théorie, la position après 40...18-23!?41.44-4012-18!42.40-3415-20!43.34-30
est bien connue. Selon Kingsrow, 43....23-29!44.28-23!19x2845.32x12!21x3446.30x1029x3847.25x14est encore une nulle, mais blanc parvient encore à faire du chemin après 47....38-4348.10-413-1949.14x2343-4950.35-30!34x2551.12-725-3052.7-130-3453.1-649-35*54.6-5034-4055.4-3640-4556.37-32et noir doit encore assurer la nulle.
41.44-4017-22Car maintenant, 41...18-23?42.40-34!ne tient plus (comme en témoignent de nombreux exemples pratiques, dont Delhom-Sjawel, Championnat d’Europe 1977 avec les couleurs inversées, qui est le plus ancien cas connu), pas même après 13-1843.28-22!17x2844.33x1319x845.27-22!Et ainsi de suite. 42.28x1721x1243.33-28...
Une position qui apparaît régulièrement en pratique, et il me semble donc important d'en connaître la véritable valeur. Les exemples pratiques le confirment : sur 20 parties, seulement 2 (!) se sont terminées par une nulle. 43....18-23(?) Même si ce n’est peut-être pas encore l’erreur décisive, noir doit déjà se tourner vers : 43...15-20!, un coup qui n'a été joué dans aucun des 23 exemples pratiques dont je dispose. Après 44.38-33ou également 44.39-3318-23!45.40-3423-29!46.34x2313-18=18-2345.40-34, le double sacrifice 45....23-29!46.34x2316-21!47.27x1613-18est le chemin le plus sûr vers la nulle : 48.32-2718x38Cette position s'est avérée être apparue par une autre voie dans deux parties. Après 49.16-1112-1750.11x2224-2951.35-3029-3452.39-3338x2953.30x3920-24noir s'échappe avec la nulle. (Keizer-Kloosterman, compétition de club 1993 avec les couleurs inversées) 44.40-34!...Empêche ainsi noir d'accéder à la case 29. 44....12-17Après 44...12-18?45.38-3315-2046.34-3023-2947.28-22!29x3848.32x43noir succombe à l'enchaînement de l’aile gauche par un trèfle. et 44...13-18?45.34-30!12-1746.38-3317-2147.39-34a déjà été abordée plus tôt. 45.34-30...
Le moment clé de la partie. Noir a réussi à égaliser l'équilibre des tempi, mais il souffre toujours du pion inactif sur la case 15. 45....13-18?Ce n'est qu'à ce moment-là que noir commet l'erreur décisive, mais la nulle n'était déjà plus évidente. Comme on peut le voir après le sacrifice 45...16-21?46.27x1613-1847.38-33!, noir a alors peu de résistance à opposer (bien que j'aie laissé filer la nulle dans une partie blitz…). Toutefois, il existe encore une nulle, bien que difficile à trouver, dans la variante 45...17-2146.27-2215-2047.39-3323-2948.37-3126x3749.32x41
, mais uniquement via le sacrifice 49....21-27!50.22x3113-18!Comme l’Italien Laporta l’a presque démontré contre l’ancien champion du monde Shchogoliev lors du tournoi de qualification pour la Coupe du Monde de 1966. Presque, car après 51.41-3716-21!52.37-32
52....19-23!53.28x1021-26!54.30x1926x3955.25x1439-4456.10-444-49!57.4x36cela a encore mal tourné pour noir : 57....49x16?Quel mortel verrait immédiatement que 57...49x21!mène encore à la nulle après 58.14-1029-33!59.10-521-3!60.36-2733-39!61.27-493-8!62.19-148-2!58.14-10!16-2Et Noir a perdu sur la finesse Pourtant, 58...29-3359.10-5!16-4960.36-47!même cela est réfuté. 59.10-5!2x2460.5-2329x1861.36x30
46.38-33!26-31Quoi d'autre ? Après 46...17-2147.39-3415-2014-2048.25x1419x1049.30x1923x14perd un pion après 50.28-22!48.34-2923x3449.30x3918-2350.39-34!noir est complètement paralysé, et les autres variantes ont soit déjà été abordées, soit sont clairement perdantes. 47.27x3617-2148.37-3114-2049.25x1419x1050.30x1923x1451.33-2915-2052.39-3421-2653.31-2726-3154.28-22...Et Ba a abandonné.

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