J’écris ces lignes plus d’un mois après avoir battu le record du monde de simultanée à la pendule. Cela me paraît encore un peu irréel. La première question que se sont posée les personnes présentes après coup fut : pourquoi cela a-t-il été si facile ? Le fait que j’aie traversé sans encombre la phase de zeitnot était inattendu. La seule pensée qui m’est venue immédiatement a été : la prochaine fois, il faudra ajouter au moins dix damiers supplémentaires !
Pour le commentaire de ce que je considère comme la plus belle partie de cette tentative de record du monde, je vais vous emmener dans ma préparation à la simultanée à la pendule et vous expliquer comment j’en suis finalement arrivé au choix de jouer sur cinquante damiers. Tout a commencé bien plus d’un an auparavant, au début de 2022, lorsque Jan Kok m’a appelé avec une « bonne idée ». La fondation The Hague Open souhaitait organiser quelque chose pour moi en hommage à ma carrière réussie chez les jeunes. Au téléphone, la question est alors tombée : serais-je intéressé à tenter de battre le record du monde de simultanée à la pendule, qui appartenait à l’époque à Alexander Georgiev ?
En 2015, il avait établi le record en affrontant 45 adversaires, avec un score de plus de 75 %, alors qu’un pourcentage de 70 % suffisait. Jan m’a demandé contre combien d’adversaires je souhaiterais jouer, et j’ai répondu presque immédiatement : « contre cinquante ! ». Cette impulsion venait surtout du fait que, pendant la période du Covid, j’avais déjà joué une simultanée en ligne contre quarante adversaires. En grande partie parce que cette expérience s’était déroulée de manière très fluide, j’ai choisi d’opter pour cinquante damiers.
Beaucoup m’en ont rapidement dissuadé, estimant que la limite du record du monde se situait juste au-dessus de cinquante. Cela impliquerait que cet événement ne pourrait être organisé que très peu de fois à l’avenir. Pour ma part, j’étais — et je suis toujours — convaincu que la véritable limite se situe quelque part entre soixante et soixante-dix damiers. J’aimerais d’ailleurs lancer un défi aux meilleurs joueurs afin de pousser ce record vers ce nombre annoncé.
Outre l’équipe d’organisation de la fondation The Hague Open, j’ai reçu beaucoup d’aide dans ma préparation de la part de Koos van Amerongen. Koos a notamment organisé, dans le cadre de la préparation à la tentative de record du monde, une simultanée d’entraînement à IJsselstein contre trente adversaires. Lors de cette simultanée, cela est passé tout juste. Deux adversaires ont eu la gentillesse d’accepter la nulle alors qu’il ne me restait plus que quelques secondes à la pendule.
La raison pour laquelle je me retrouvais souvent en manque de temps était que je ne parvenais pas à obtenir des victoires rapides. C’est pourquoi, lors de la deuxième simultanée d’entraînement à Gouda contre 28 adversaires, j’ai décidé d’adapter mon style de jeu vers une approche plus agressive. Cela s’est traduit par un score de plus de 85 %, sans aucun problème dans la phase de zeitnot. Après cette simultanée, j’étais convaincu que la tentative de record du monde devait également réussir.
Avant de vous raconter comment j’ai vécu la journée de la tentative de record du monde, je dois toutefois faire une confession. À l’avance, j’avais imaginé le scénario suivant : j’arrive à Gouda, je souhaite brièvement bonne chance à tout le monde avant la partie par un petit discours — car je trouve évidemment formidable que mes adversaires soient venus de tous les coins du pays pour cette tentative de record — et, une fois les pendules lancées, je traverse la salle à toute vitesse et je fais ce que j’ai à faire. Tout cela me paraissait assez détendu, et c’est ainsi que je me l’étais représenté.
De nature, je suis rarement impressionné, même lors d’une partie normale. Je me dis toujours : je me suis entraîné pour cela et c’est précisément ce dans quoi je suis fort. Qu’est-ce qui pourrait m’arriver ? Mais ce matin-là, en me levant, j’ai ressenti pour la première fois depuis longtemps une véritable tension ! Mon cœur s’est soudain mis à battre plus vite pour une partie de dames ! Que se passe-t-il ?, me suis-je immédiatement demandé.
Ce n’est qu’en entrant dans la salle que j’ai réalisé que le nombre de damiers avait presque doublé par rapport à la deuxième simultanée d’entraînement. Malgré cela, il était aussi agréable de ressentir à nouveau cette tension. Elle me maintient en alerte et me donne surtout une motivation supplémentaire pour battre ce record du monde. Une fois les pendules mises en marche, j’étais pleinement dans mon élément. Et ensuite, sans que cela aille complètement de soi, tout s’est déroulé comme je l’avais imaginé…
Dans cette analyse, je vous invite à me suivre dans la partie la plus fascinante de la tentative de record du monde. Tant sur le plan technique que tactique, cette partie regorge de moments remarquables. Par ailleurs, au fil des dernières années, j’ai développé un attachement inébranlable à la variante Keller, en particulier lorsque les Blancs disposent de la couleur encerclante. Au cours de l’analyse, il deviendra de plus en plus évident pourquoi.
Note finale
La traduction de la partie elle-même sera réalisée ultérieurement. Pour l’instant, seule la version anglaise de l’analyse technique est disponible.