Le dimanche 12 octobre 2025, le moment était venu : après une longue préparation, j’ai tenté dans le studio de RTV Drenthe le record du monde de simultanée à la pendule au jeu de dames, face à 52 adversaires.
Le record appartenait à Martijn van IJzendoorn, qui en 2023 avait réalisé l’impressionnant score de 88 % contre 50 joueurs. Je savais que ce serait un immense défi, mais le score de Van IJzendoorn laissait tout de même une certaine marge : 70 % sont nécessaires pour établir un record du monde.
Au final, j’ai eu besoin de toute cette marge. Avec 25 victoires, 23 nulles et 4 défaites, j’ai totalisé 73 points, soit 70,19 % — juste assez pour battre le record !
Dans cet article, j’analyse une partie de cette tentative de record tout en racontant comment celle-ci s’est déroulée. La partie choisie — contre Evert van de Pol — est parfaite à cet égard, puisqu’il s’agit également de la partie la plus longue de l’après-midi. La partie et la tentative de record suivent en quelque sorte deux lignes temporelles distinctes qui se rejoignent au moment où le dernier coup est joué.
À première vue, la partie contre Van de Pol n’est peut-être pas particulièrement spectaculaire, si ce n’est dans sa phase finale. Pourtant, je pense qu’elle illustre parfaitement le défi d’une simultanée à la pendule et le style de jeu que cette discipline impose plus ou moins au joueur qui donne la simultanée. Comme il n’y a absolument pas de temps pour des calculs profonds, le joueur doit s’appuyer largement sur son intuition, après avoir brièvement vérifié l’absence de combinaisons tactiques.
Il s’agit donc de rechercher des positions simples, avec de préférence un minimum de risques tactiques ou de désavantage sérieux. Cette approche peut être qualifiée de jeu technique : se concentrer sur le développement correct de la position sans hésiter à procéder à des échanges importants.
Dans les parties classiques (un contre un), cette stratégie n’est souvent pas la plus efficace, car la marge de nullité dans notre jeu est relativement grande. Mais dans une simultanée — surtout face à 52 adversaires — cette marge est bien moins problématique. Avant même de commencer, je pouvais me permettre 31 nulles, à condition d’éviter les défaites.
Assez pour l’introduction ; passons maintenant à la partie. Comme il n’y avait de toute façon pas de temps pour des calculs profonds, je me limiterai surtout à des commentaires techniques. Ce n’est que dans la phase finale — lorsque le résultat se décide et que je disposais à nouveau d’un peu de temps de réflexion — que je proposerai des variantes plus longues, en accordant également une attention particulière à la technique de fin de partie.
Bonne lecture !